
Le Royaume d'Ayutthaya (1351 à 1767) est souvent considéré par les historiens de l'art bouddhiste comme l'Âge d'Or des amulettes thaïlandaises. Durant quatre siècles, cette puissante capitale du Siam a été un carrefour artistique et religieux, dont l'influence a façonné durablement l'iconographie et les traditions des amulettes que nous connaissons aujourd'hui.
Cette période est cruciale, non pas en raison de la rareté des pièces, mais parce qu'elle a établi les **standards artistiques et rituels** de la production d'objets de dévotion, sous le patronage royal.

Contrairement aux périodes précédentes, la production d'amulettes sous Ayutthaya a bénéficié d'un soutien royal intense. Les rois étaient des patrons fervents du bouddhisme Theravada et finançaient la création de grandes quantités d'objets sacrés. Ces amulettes étaient souvent créées non seulement comme supports de foi, mais aussi pour témoigner de la prospérité et de la piété du royaume.
Leur objectif était de perpétuer les enseignements du Dharma pour les générations futures, souvent en les cachant dans des cryptes de temples (Kru), une pratique qui garantissait leur conservation.

Bien que des amulettes en argile aient continué d'être produites, la période d'Ayutthaya est célèbre pour la généralisation de l'utilisation du métal et, plus particulièrement, du bronze. Cela a permis des détails plus fins et une plus grande durabilité. L'intégration de métaux précieux (or, argent, parfois cuivre) dans la composition des alliages ajoutait une dimension symbolique de pureté et de rareté.
Le style artistique dominant des amulettes de cette époque est connu sous le nom de Style U Thong. Ce style se caractérise par une fusion élégante des influences précédentes (Lopburi, Sukhothai), créant une image du Bouddha à la fois puissante et sereine. Cette esthétique est aujourd'hui une référence absolue pour les collectionneurs et les historiens de l'art.

Le terme Kru désigne la crypte ou la chambre secrète d'un chedi ou d'un prang. C'est dans ces lieux qu'étaient déposées, rituellement, des milliers d'amulettes lors des consécrations majeures. Le but n'était pas de les cacher au monde, mais de les protéger pour la postérité et d'accumuler du mérite spirituel pour le souverain et le royaume.
La découverte d'un Kru est un évènement majeur qui permet d'authentifier les pratiques rituelles de l'époque, nous offrant un aperçu direct de la dévotion de la période.
Le Royaume d'Ayutthaya a légué un patrimoine inestimable au monde des amulettes thaïlandaises. C'est à cette époque que l'amulette est passée d'un simple objet de piété locale à une véritable forme d'art sacré, soutenue par le pouvoir royal et façonnée par les plus grands maîtres artisans.
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